Ca vous plait ?

Mercredi 4 octobre 2006 3 04 10 2006 13:03
    Bob est pénard sur sa moto à rouler depuis quelques heures sur la nationale. Le temps est approprié pour ce voyage à destination du Sud. Il n’est pas pressé et s’amuse à respecter la limitation de vitesse. D’ailleurs, il n’a quasiment plus de tunes depuis qu’il a perdu cette putain de partie de poker terminée en bagarre de rue. Il doit se refaire la main, pour sûr !

    C’est l’objet de son déplacement, une partie organisée entre ces enfoirés de bourgeois éxotiques. Il a hâte de piquer leur pognon et de leur rire au nez !


    Cependant, il lui manque quelque chose qui pourrait agrémenter son périple. Il ne sait pas quoi exactement, ça lui trottine dans la tête mais surtout entre les jambes… Il se remémore, du moins il essaye car la soirée était bien arrosée…comment elle s’appelait celle-là ? Ha oui, Marie. Ha la bonne Marie avec ses couettes et ses yeux en forme de noisettes !!! Une gourmande qui l’avait laissé à terre, achevé par des batailles infernales.

    Bob ne serait pas contre pour une vidange digne d’un motard mais il est difficile de se soulager à 90 Km/h sans compter qu’il n’est pas un mordu de la branlette, c’est bon pour les pédés ! Inconsciemment, il fait une prière et espère être entendu par il ne sait qui ou quoi

    Une demie heure plus tard, Bob aperçoit au loin une voiture et il semble que le capot du moteur soit levé. Il ralentit, on ne sait jamais, les motards ne sont pas tous des salopards. Arrivé à hauteur de la bagnole, il entrevoit une silhouette penchée sur le moteur, il ne la distingue pas très bien, gêné par ses lunettes. Il décide de s’arrêter et de poser la béquille. Il retire son casque, descend de sa monture et se dirige vers la voiture.

    A la vue de ces mollets bien dessinés posés sur des pieds maintenus par de simples mocassins, Il ne regrette pas cet arrêt imprévu. Il devine des muscles de cuisses coupées par une jupe en jean et instinctivement, imagine la forme des dunes tendues par la posture de cette femme semblant perdue dans un labyrinthe de tuyauteries et de bouchons fermés. Bob, mal rasé, cheveux en batailles et puant de sa sueur de la veille n’effraye pas cette femme brune aux yeux noires. Etonnée de voir une espèce de cow-boy sans son chapeau au regard ténébreux, elle lui fait un sourire de bienvenue.

    Elle en a vu des gars comme lui crânant de leur assurance mais s’avouant vaincu lorsqu’elle faisait le premier pas. Ils se barrent tous prétextant n’importe quelle situation et elle reste souvent plantée devant son verre à discuter dans le vide. Mais ce gars là semble différent. Il laisse transparaître un sentiment de sécurité et d’invitation à la débauche, dont, elle le sait, elle serait incapable de refuser. Il y a des gens comme ça que l’on rencontre peut-être qu’une fois dans sa vie, elle est bien placée pour en parler. Elle se souvient de Tristan et que trop bien. Trop de souvenirs s’enchaînent et finissent dans l’abysse de son âme meurtri par la mort de ce dernier.

    Bob s’approche de la femme et mime un salut de la tête. Cette dernière répond en proposant sa main encrassée par le cambouis qu’elle essuie aussitôt sur sa jupe à défaut d’un chiffon. Bob ignore cette politesse et se penche sur le moteur :


    «
C’est le liquide de refroidissement  - y en a plus ». Surprise par ce diagnostic rapide et par cet homme courbé sur son tas de ferraille, elle répond sans réfléchir :

    « Vous êtes sûr ? J’ai pourtant vérifié avant de partir ».

    « Suis sûr, percé votre bidon – Fini le voyage – Vous dépose ? ».


    Que répondre à un inconnu au look sorti tout droit d’un western, s’arrêtant sur la route alors qu’il aurait pu continuer son chemin, qui scanne une mécanique en un rien de temps, et qui vous propose un bout de route en moto ?

    « Oui ».


    Bob ferme le capot de la voiture et retourne à sa moto. Il enfourche sa monture et se pare de ces accessoires. Il décroche un casque du côté de son deux roux et le propose à la femme restée sur place au regard perplexe par l’attitude de cet homme. Monter sur une moto en jupe n’est pas chose facile, pieds posés sur les cales, elle met le casque et entoure Bob par la taille. Il fait tourner le moteur, enclenche la vitesse et les voilà sur la route.

    Depuis combien de temps roulaient-ils ? Elle ne le sait pas. Elle sent le vent fouetter son visage et ressent un sentiment de liberté et de bien être. Elle respire les odeurs passantes parfois souillées par les gaz de la moto. Elle se sent en confiance. Etait-ce le pétard qu’elle avait fumer juste avant la panne qui lui procurait ce sentiment ? Etait-ce encore le regret de ne pas avoir dit au revoir à Tristan qui l’incitait à se coller à Bob comme pour y trouver un moment de répit ? Elle l’ignore et se laisse aller à ses pensées. Elle reprend conscience de la réalité lorsqu’elle sent la main de Bob posée sur sa cuisse. Elle ne comprend pas le pourquoi de ce geste jusqu’au moment où, honteuse, elle sent une forme familière sous sa main. Que fait-elle, là, posée sur l’entre cuisse de ce motard ? Tout en s’interrogeant, un réflexe permet le retrait rapide de sa main. Bob, lui, n’a que faire de cela, il aime sentir cette peau douce, rafraîchie par le vent. De deux pincements sur sa cuisse, il fait comprendre à la femme qu’il serait bien qu’elle remette sa main d’où elle l’avait retirée. Hésitante mais subissant les pressions répétées de cet homme sur sa cuisse, elle pose sa main sur le jean de Bob. Elle est remerciée par une caresse franche et douce qui ne la laisse pas indifférente.

   
Bob est bien, paisible, il ne réfléchit pas, il se laisser guider par sa monture et se prend à caresser la main posée. Parfois, il la guide, appuie, et commence à se sentir à l’étroit dans son pantalon.

    Combien de temps ont-ils roulés ainsi ? Ils ne le savent pas. Courbaturé, le corps de Bob réclame du repos. Il décide de s’arrêter au prochain relais. Après avoir fait rugir son engin, il pose la béquille et invite la fille à descendre qui s’exécute sans broncher. Il scanne les bâtiments autour de lui.

    « Soif ? »
    « je ne dis pas non »

    Ils rentrent dans le restaurant, se font servir deux cafés et s’installent sur une table salie par des précédents voyageurs. Face à face, sans se regarder, chacun scrute son café tout en le tournant.

    «Vous pensez qu’ici on va pouvoir me dépanner ? »
    « Suis sûr »

    Bob porte sa tasse à la bouche lorsque son mouvement s’arrête net. Il n’avait pas remarqué le décolleté de la jeune femme, une longue fente promettant deux seins magnifiquement dessinés cachés par une chemisette. Il remonte ses yeux vers ceux de la jeune femme qui n’avait pas manqué cette indélicatesse. Il ne peut s’empêcher de faire cette équation débile qui est d’imaginer la croupe d’une femme en comparant ses yeux et à sa poitrine. Celle-ci aurait certainement 20/20.


    « Un peu tard pour appeler un dépanneur – Vaut mieux attendre demain matin ».

    « Mais que vais-je faire en attendant demain ? – Ca m’a l’air d’être mort ici. ».


    On ne le raconte pas à Bob. Il en a vu d’autres. Si ça, c’est pas une invitation !


    « De toute manière, suis crevé – je reprendrais la route demain ».

    La femme sourit et sent une légère chaleur envahir ses joues. Bob le remarque et lui fait un clin d’oeil.
Par Dudulo - Publié dans : DudulStory
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